Couple – Féministe un jour, pas toujours

Comme beaucoup, j’ai découvert un concept à la mode : la « charge mentale ». Au cas où certains seraient restés vraiment imperméables à l’air du temps, la charge mentale est ce paquet d’organisation, de rétro-plannings, de trucs à ne pas oublier, que toute mère trimbale dans sa tête pour que tout se passe bien pour chacun des membres de la famille. C’est cette responsabilité, qui ne s’arrête jamais, de penser à tout. C’est ce dessin humoristique vu récemment où l’on voit Monsieur préparer sa valise de vacances quand Madame prépare sa valise … et toutes les autres, sans parler des divers sacs annexes de survie. Certes, il y a là un peu de mauvaise foi, car c’est probablement lui qui chargera la voiture, ce qui n’est pas une mince affaire.

Récemment, j’ai voulu me débarrasser momentanément de ma charge mentale. Nous partions conduire un enfant à une activité, un autre ayant décidé de nous accompagner. Je décide de ne pas prendre mon sac à main, pour voir ce que ça fait d’être un homme, légère sans rien dans les mains, même pas mon téléphone. Enfant n°1 largué, enfant n°2 demande à passer dans son magasin préféré pour acheter un article de sport qui lui manque. A cet instant, je ne pense pas à mon sac, pour cause d’évacuation de charge mentale. Mais contente de rentabiliser cette sortie, j’approuve le détour. On rejoint le parking du magasin en question. Je me tourne vers mon mari avec mon plus innocent sourire : « tu as de l’argent, mon chéri ? ». « Non, pourquoi ? » « Parce que moi non plus. » Vous me croirez si vous voulez : la colère intérieure qui a gonflé en moi face à cette perte de temps et d’efficacité n’était pas dirigée contre mon mari. Qui depuis, soit dit en passant, m’a avoué être stressé par son portefeuille. Non, j’étais en colère contre moi-même. Foutus tests féministes ! Et contre la charge mentale. Contre la vraie : pourquoi devrais-je, moi, penser à tout ? Contre la fausse : pourquoi me suis-je laissée polluer par cet esprit féministe qui n’a pas amélioré ma journée, mais en plus, qui m’a fait tenir, devant enfant n°2, une conversation, acide parce que féministe, avec mon époux, dont la plus grande qualité est qu’il ne cesse de me rendre service, donc d’alléger ma charge mentale, et qui ne comprenait vraiment pas à quoi j’avais joué. J’ai trouvé le moyen de lui vanter l’affreuse petite sacoche pendue à l’épaule de mon grand-père, tout en me demandant comment je ferais pour le trouver encore beau affublé d’un tel accessoire.

Mon mari s’est consolé en trouvant cette image patriarcale dans le livre des Proverbes, forcément écrit par un homme : « une femme querelleuse est comme une gouttière qui fuit » (1) . Leçon 1: il n’est pas forcément fructueux de débrancher ses neurones pour décharger son mental. Trouver un autre moyen. Leçon 2 : la femme a un besoin infini d’être comprise. Leçon 3 : l’homme a le droit de refuser d’avoir un sac à main, du moment qu’il assure. Leçon 4 : le féminisme n’est pas une méthode de communication non violente en couple. Le féminisme peut devenir une bonne blague, des fois, avec le recul… Leçon 5 : la bible, même patriarcale, dit des choses intéressantes pour la communication dans le couple.

(1) Proverbes 27,15

Article paru dans Famille Chrétienne https://www.famillechretienne.fr/

Billet publié le 23 juillet 2018


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